vendredi 29 mai 2026 à 20h
ciné débat Cinema Sans Frontières
https://nice.demosphere.net/rv/6932
https://cinemasansfrontieres.fr/nuestra-tierr…
Vendredi 29 Mai 2026 à 20h
Cinéma Jean-Paul Belmondo (ex-Mercury) - 16 place Garibaldi - Nice
Film de Lucrecia Martel, Argentine, 2025, 2h03, vostf
Argentine, 2009. Trois hommes blancs tentent d'expulser les membres de la communauté autochtone Chuschagasta, revendiquant la propriété des terres. Armés, ils tuent le chef de la communauté, Javier Chocobar. Le meurtre est filmé, et en 2018, après neuf ans d'impunité et des siècles d'histoire coloniale, le procès s'ouvre.
Aujourd'hui le monde semble engagé dans sa propre destruction. La haine ressurgit, accompagnée de promesses de guerres comme au siècle dernier. Les arguments qui les soutiennent sont imprégnés de slogans célestes. Une partie de l'humanité croit à nouveau en un ordre divin qui impose ses droits sur ceux de ses voisins humains. La transformation de l'ordre mondial et un saut technologique immense ont accéléré l'Histoire à un rythme qui n'est plus le nôtre. Quelle est l'importance d'être humain ? Quel est notre destin ? La raison n'est plus un refuge. Nous l'avons déléguée à des machines pas encore complètement intelligentes, mais qui nous parlent dans notre langue. Il est très facile de se perdre. Ceux qui s'accrochent au pouvoir embrassent à nouveau des nationalismes de toutes sortes, qui produisent des guerres et des migrations forcées. Ce film parle de notre langue maternelle, il met en évidence ses complexités racistes, qui empêchent beaucoup de gens d'accéder à leur espace vital. C'est la langue des papiers. La vie de personnes expulsées par des documents d'une valeur douteuse, des vies perdues dans des heures de procédures inutiles. Le cinéma peut être utile à cet endroit. C'est mon désir le plus profond. (Lucrecia Martel)
Née à Salta en Argentine, Lucrecia Martel est une réalisatrice et scénariste dont le travail est largement reconnu. Son premier film, La Ciénaga (en compétition à la Berlinale en 2001), a été suivi de La Niña Santa (en Compétition au Festival de Cannes en 2004), La Femme Sans Tête (en Compétition au Festival de Cannes en 2008) et Zama (présenté en compétition à la Mostra de Venise en 2017), tous considérés comme des œuvres majeures du cinéma contemporain. Zama, candidat argentin pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2018, a été désigné comme meilleur film de l'année 2018 par l'influent magazine américain Film Comment. Nuestra Tierra (2025) est son cinquième long métrage. Des rétrospectives de son oeuvre ont été présentées dans de nombreuses institutions culturelles et universitaires, notamment à Harvard, au MoMA, au Lincoln Center, à Cambridge, au Tate Museum de Londres et au Centre Pompidou à Paris en 2024. Ces rétrospectives ont souvent été accompagnées de masterclasses sur le son et la narration que Lucrecia Martel a données dans le monde entier et qui ont fait l'objet de publications en plusieurs éditions. En 2023, elle a reçu des doctorats honorifiques de l'université de Buenos Aires, de l'université nationale de Salta en Argentine et de l'Université de Louvain en Belgique. Ses autres oeuvres comprennent des installations artistiques, des séries télévisées et des courts métrages. Parmi les plus récentes, citons l'installation artistique El Pasaje (2021) ; l'épisode musical indépendant Terminal Norte (2021), avec Julieta Laso ; et les courts métrages AI (2019) et Camarera de Piso (2022). En novembre 2014, les cinémas du Centre Pompidou ont organisé une rétrospective intégrale de son travail, en sa présence. A cette occasion, le premier ouvrage en français consacré à son travail, Lucrecia Martel - La Circulation a été publié aux éditions de l'OEil.