vendredi 20 avril 2018 à 14h

Séminaire « On n'ondule pas comme au Brésil ! ». Appropriations et réinvention dans le candombe afro-uruguayen (Montevideo, Uruguay) - 20 avril 2018

Dans le cadre de l'axe 3 (Mondialisations, circulations, altérités), un séminaire vous est proposé le vendredi 20 avril 2018, de 14h à 16h, en salle 009 (rez-de-chaussée de la MSHS). Il est intitulé :

« On n'ondule pas comme au Brésil ! ». Appropriations et réinvention dans le candombe afro-uruguayen (Montevideo, Uruguay).

Ce séminaire s'inscrit dans le projet « Circulations transnationales et blocages des pratiques culturelles » (S. Andrieu, CTEL ; C. Rinaudo, URMIS)

Intervenante :

Clara BIERMANN

Résumé :

Cette présentation porte sur les enjeux politiques et esthétiques des créations des artistes militants afro-uruguayens dans un contexte de tension entre la nationalisation du candombe et la revendication d'une propriété culturelle sur cette pratique.

Dans un premier temps, je montrerai que l'histoire du candombe afro-uruguayen est marquée par des « jeux de couleurs », musicales et sociales, qui ont toujours été articulées à la condition des Afro-Uruguayens dans la société nationale. Ainsi, bien que les musiques et danses qui ont circulé depuis le début de la colonisation entre Europe(s), Afrique(s) et Amérique(s) aient nourri le candombe, celui-ci est considéré et vécu comme la musique noire uruguayenne et joue un rôle central comme instrument des mouvements politiques noirs en Uruguay. Dans un second temps, je présenterai des éléments issus de mon expérience de terrain (depuis 2007), qui m'a permis d'observer la fabrique musicale et chorégraphique d'un candombe « réafricanisé », qui a émergé dans les années 1990 et qui s'est imposé comme une voie esthétique majeure du candombe contemporain. Cette analyse, combinant trajectoire et subjectivité individuelle des artistes à leur manière de sélectionner et de (re)composer le candombe à partir de divers matériaux sonores et gestuels, offre une prise sur les valeurs et les identifications qui sous-tendent ces procédés créatifs, dans le cadre plus large de la construction d'afrodescendance en Uruguay.

Bibliographie :

Formée en ethnomusicologie et en anthropologie à Paris 8 puis à Paris Nanterre, Clara Biermann a soutenu à Paris Nanterre en 2015, une thèse proposant une étude anthropologique des positionnements, des pratiques et des savoir-faire des candombero·a·s, les musicien·ne·s et les danseu·r·se·s afro-uruguayen·ne·s, considéré·e·s comme les spécialistes du candombe. Après avoir été allocataire-monitrice à Paris Nanterre (2008-2011), membre de l'EHEHI-Casa de Velázquez à Madrid (2012-2013), puis ATER à l'Institut des Hautes Etudes en Amérique Latine à Paris 3-Sorbonne Nouvelle (2016-2017), elle est aujourd'hui Maître de Conférences en ethnomusicologie au Département de Musique de Paris 8, membre de l'E.A Musidanse et membre associée au CREM-LESC (UMR 7186). Elle poursuit ses recherches sur la relation entre genre, race, savoir-faire et légitimité dans le milieu du candombe, ainsi que sur les processus de création des cultures musico-chorégraphiques et des imaginaires politiques et religieux dans l'Atlantique noir.

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Source : http://mshs.unice.fr/?p=8446

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